Quand nos dirigeants politiques s’érigent en ‘’Totem’’, fabriquent des névrosés, et que la colère des uns et la frustration des autres sont à leur pente ascendante, à quoi peut-on s’attendre ? - HaitiGreat

Post Top Ad

Quand nos dirigeants politiques s’érigent en ‘’Totem’’, fabriquent des névrosés, et que la colère des uns et la frustration des autres sont à leur pente ascendante, à quoi peut-on s’attendre ?

Share This

UNIVERSITE-SOCIETE / HAITI-POLITIQUE /RAP KREYOL- JEUNESSE-INTEGRATION

Par Frantzy GENARD


Quand nos dirigeants politiques s’érigent en ‘’Totem’’, fabriquent des névrosés, et que la colère des uns et la frustration des autres sont à leur pente ascendante, à quoi peut-on s’attendre ? La  psychanalyse penche sur certains aspects de l’organisation socio-politique et culturelle haïtienne.


Le phénomène « Rap Kreyòl », avec des enjeux socio-politiques et culturels majeurs, une problématique intéressante au regard de la psychanalyse en particulier et de la psychologie en général.



S’agit-il d’un déficit d’esprit, d’une absence de rationalité scientifique, d’une incapacité de concevoir ce qui ne se donne pas immédiatement à la perception chez nos dirigeants politiques, d’une logique erronée qu’ils prêtent à la problématique de l’intégration de la jeunesse haïtienne  ou d’une pauvreté évaluative des conséquences de la précarité des rapports « Jeunes-Vieux-Dirigeants politiques », un des aspects les plus fondamentaux dans la pérennisation de l’harmonie dans toute société humaine fonctionnelle, voire la notre potentiellement exposée à un triple drame : social, politique et culturel? Or, diriger c’est capable de prévenir et, prévenir signifie intervenir (action, mesures concrètes) supposant nécessairement l’identification des causes et de la nature du phénomène auquel on s’intéresse, la compréhension des mécanismes de son apparition et de son développement. 


L’Université, dans sa responsabilité scientifique, dans sa vision prospective ouverte à la société, dans sa mission d’être aussi la mémoire de l’humanité, doit faire preuve de la légitimité et de la nécessité de la fonction sociale, politique, culturelle, etc. du savoir scientifique. Car, elle peut se vouloir être partout pourvu qu’elle maintienne son identité tous azimuts.


Ainsi, face à ce fossé triangulaire grandissant entre Jeunes-Vieux-Dirigeants politiques, nous voulons rendre intelligible, à travers le prisme de la psychanalyse en particulier et de la psychologie en général, la problématique de la jeunesse haïtienne vis-à-vis de la notion d’intégration via le phénomène ‘’Rap Kreyòl’’ d’où, notre réflexion se veut être un rattachement des données de la réalité socio-politique de cette jeunesse et celles relatives à la montée foudroyante du phénomène « Rap Kreyòl » à celles de la psychanalyse et de la psychologie. Phénomène, où s’imbriquent dans les lyrics d’innombrables lignes de forces  telles que : hostilité, frustration, révolte, exclusion, rejet, refus d’obéissance,  etc. qui sont des indicateurs éventuels de crise ou de bouleversements socio-politiques.   


En faisant de ces notions:Rap Kreyòl-Jeunes-Vieux-Intégration-Dirigeants politiques notre axe de reflexion, il ne s’agit pas d’une accusation portée contre nos dirigeants politiques, encore moins qu’une tentative de procès dressé à leur égard mais, de faire de notre bagage scientifique un instrument valide tant au service de la science, pour laquelle notre formation doit mesurer toute l’importance de son existence, qu’à celui de notre société en vue de rendre intelligible à l’esprit de nos dirigeants politiques les enjeux socio-politiques et culturels majeurs de leurs attitudes et comportements irresponsables. Notre réflexion découle d’une part, de l’observation de l’évolution de l’opinion publique relative à la problématique de l’intégration socio-politique de la jeunesse, et d’autre part, de l’observation systématique, au prisme du temps, de l’ampleur incontestable du phénomène ‘’Rap Kreyòl’’ devenant un créneau pour les revendications socio-politiques et culturelles de la jeunesse haïtienne susceptible de conduire notre société au seuil d’un conflit inter-générationnel au cas où des mesures concrètes pressantes et significatives ne sont pas envisagées. Nous pensons que le statut empirique et la valeur heuristique de notre réflexion sont de mise dans la mesure où une recherche échantillonnée, sur le niveau de frustration de cette jeunesse, à partir des variables classiques telles : âge, sexe, appartenance sociale, origine géographique ou sociale  pour ne citer que celles-là, peut être envisagée. La richesse des données serait décevante au point d’accélérer ce conflit intergénérationnel, lequel tisse lentement notre système socio-politique. Nous estimons que les sciences sociales et humaines sont mieux placées pour apporter une contribution substantielle relative à l’explication, la compréhension et à l’évaluation quantitative et qualitative des conséquences de la problématique ‘’Rap Kreyòl-Jeunes-Vieux-Dirigeants politiques ‘’, en vue d’un changement qualitatif au niveau des comportements sociaux et de nos systèmes social et politique 


Certes, le phénomène Rap-Kreyòl est un fait social, un mouvement socio-politique et culturel autour duquel des familles d’explications scientifiques d’horizons divers peuvent s’affronter. Un phénomène social néanmoins doté d’une dimension heuristique psychologique importante. Pour ce, nous nous bornons à la psychologie en général et à la psychanalyse en particulier  pour élaborer notre schème de réflexion à visée analytique, interprétative et explicative de ce dernier. 







Le phénomène ‘’Rap Kreyòl’’, avec des enjeux socio-politiques et culturels majeurs, une problématique intéressante au regard de la psychanalyse en particulier et de la psychologie en général.






La montée du phénomène Rap-Kreyòl comme instrument efficace d’expression de la jeunesse haïtienne ne cesse de hanter  notre ‘’esprit scientifique’’ tourné vers le futur de notre société en nous poussant à aller au de-là de ce qui est à la portée immédiate de nos sens  afin de concevoir que ce dernier, à savoir le Rap-Kreyòl, n’est pas loin d’apporter des changements sociaux, voire des bouleversements socio-politiques et culturels déclenchés  d’ailleurs sous forme d’une rupture conflictuelle générationnelle. La disparition des frontières classiques sociales, et politiques se fait de plus en plus remarquable dans notre société, d’où les dirigeants politiques sont perçus comme le bouc émissaire de cette  conjoncture. Ils sont perçus comme le ‘’Totem’’ qu’il convient à tout prix pour cette jeunesse d’anéantir. Voilà en quelque sorte l’identité dont elle fantasme aux dirigeants politiques à travers les messages éjectés par certains lyrics du mouvement Rap-Kreyòl que nous nous tâchons de déchiffrer comme des symptômes dans une résonance psychanalytique du terme. L’expression du contenu des lyrics a, non seulement une fonction libératrice des frustrations susceptibles de conduire à un grand nombre de traits psychologiques ou énergie pulsionnelle notamment l’agressivité mais également une fonction d’influence relative à la formation de nouvelles attitudes et de nouveaux comportements subordonnés aux idéologies révolutionnaires du Rap comportant surtout des sentiments d’hostilité, d’antipathie, de révolte, etc. qui sous-tendent le mouvement. Ce que l’on saurait désigner d’expression du facteur idéologique du mouvement ‘’Rap-Kreyòl’’ doté d’une force révolutionnaire influençant  l’attitude d’esprit des jeunes adolescents(es) dont leurs désirs, leurs rêves leurs fantasmes, etc. doivent commencer à se cristalliser dans cette tranche d’âge et s’imposent fortement à leurs conduites et comportements. Ces idéologies ne sont autres que des images projetées par le miroir de leur condition d’existence réelle.

Vu à la lumière de la psychanalyse, les modes de penser, les nouveaux comportements sociaux des jeunes auxquels on assiste, ne sont plus l’effet d’une coïncidence unique entre une simple exposition de cette jeunesse à une structure socio-politique narcissique et la perception négative ladite structure mais, portent foncièrement les traces inconscientes des conséquences des vies antérieures éprouvées comme gravement insatisfaites dès le plus jeune âge dans un contexte d’injustice socio-politique et culturel structuré et organisé contre elle [la jeunesse] par la structure en question et, mal refoulées en vue de diminuer l’angoisse des représentations gênantes, des souvenirs d’un passé malheureux porteur de malheur sur un futur qu’il convient à tout prix d’éviter, des tourments, en vue de simplifier son existence réelle.  Le tout s’enracine dans des sentiments inconscients de victimisation socio-politique dans lesquels la jeunesse souffre de sa valeur unique d’instrument à usage politique depuis la nuit des temps. 

Le Rap-Kreyòl, en tant que mouvement, est l’expression des désirs et des sentiments inconscients structurés dans un langage musical engagé, socialement, politiquement et culturellement qu’on ne saurait saisir seulement que par ce qui est articulé c’est-à-dire ramené uniquement aux mots agencés dans les lyrics, mais aussi par la formation inconsciente de nouvelles attitudes d’esprit et de nouveaux comportements dressés contre l’existence d’une structure socio-politique jugée résistante au changement et même hostile à un ‘’aller mieux ‘’de ladite jeunesse. Cette structure est vue par plus d’un comme un déterminisme socio-politique c’est-à-dire un ordre des faits socio-politiques suivant lequel les conditions d’existence de la situation de cette jeunesse sont fixées, elle ne peut ne pas être ce qu’elle est aujourd’hui. Toutefois, certains lyrics traduisent la   volonté acharnée de ne pas se laisser tuer l’espoir d’un avenir meilleur qui nourrit l’esprit de révolte de cette jeunesse, adepte inconditionnelle du mouvement ‘’Rap-Kreyòl’’. Son adhésion aveugle au mouvement est un signe manifeste de partager et de garder vivant cet espoir capable de redonner du sens à sa vie dépravée. Le Rap-Kreyòl est vu comme le seul axe de changement qui innerve le rêve de cette jeunesse. Il est l’expression d’un processus inconscient de planification systématique d’une volonté de se dresser contre le ‘’Totem’’ auquel un déracinement forcé est apparemment envisagé. 


Néanmoins, cette jeunesse est exposée inconsciemment à une sorte d’ambivalence c’est-à-dire à une espèce d’existence simultanée de deux sentiments diamétralement opposés : amour et haine d’un même objet, en l’occurrence l’autorité ‘’Totem’’ [les dirigeants politiques].Un phénomène fondamental qui bouleverse fort longtemps sa vie affective, sociale et politique. Cette haine à l’égard de cet objet est due au fait que celui-ci [Totem] est l’auteur de son malheur. Cet objet par conséquent exige son amour parce qu’elle [la jeunesse] désire non seulement être intégrée dans la sphère socio-politique mais également parce que au plus profond de son inconscient s’enfoui le sentiment de culpabilité dû au non  respect de l’autorité de l’Etat, image du Totem, établie. Elle est contrainte de respecter cette dite autorité. Or, ‘’Totem’’ [les dirigeants politiques] refuse son intégration surtout par crainte d’être rivalisée par celle-ci qui, quant à elle, refuse à tout prix de s’identifier à cette autorité [Totem] perçue comme contre-modèle pour pouvoir solutionner son problème d’intégration mais, enviée depuis toujours du statut dominateur de ‘’Totem’’. Cette identification, la seule et unique condition d’intégration doit s’opérer par la reprise des vielles pratiques politiques traditionnelles, une des manifestations de ce processus d’intégration chez la plupart de nos jeunes estimée combien malheureuse pour le pays. Ce refus d’identification donne lieu à une réalité socio-politique que nous qualifions de ‘’castration politique’’ de la jeunesse par ‘’Totem’’. Cette castration s’exprime sous formes d’exclusion, de promesses non tenues, de manipulation,  d’instrumentalisation politique, de décisions socio-politiques sans mesures concrètes  pour ne citer que celles-ci. ‘’Totem’’ garde  pour lui toutes les opportunités socio-politiques en chassant sa rivale [la jeunesse]. Alors, qu’en est-il de ceux qui refusent de reproduire les vieilles pratiques politiques en contrepartie à l’intégration socio-politique, en l’occurrence les leaders, les adeptes du mouvement Rap-Kreyòl et autres, faisant de ce dernier l’axe de leur résistance et de la création d’une nouvelle identité socio-politique et culturelle visant le renversement de l’ordre socio-politique des choses jugé injustement établi afin de s’échapper à la tyrannie de ‘’Totem’’? Le mouvement Rap-Kreyòl n’est-il pas, quelque part, une source dans laquelle se trouvent les éléments nécessaires : à la consolidation d’un Moi désagrégé, au renforcement d’un estime de soi collectif affaibli, à la création d’une identité collective, à la revalorisation d’un surmoi  profondément affecté par un passé secouant la base de la vie socio-affective et politique de cette jeunesse,  à un présent risquant d’être vide de sens et un futur potentiellement traumatisant ?     Voilà, dans une perspective   psychanalytique et psychologique, un ensemble d’éléments explicatifs générateurs de frustration qui tissent la trame de la réalité socio-politique amère et dynamique entre la jeunesse haïtienne et ses responsables politiques que nous désignons à juste titre de ‘castration politique.’’








Le phénomène ‘’ Rap Kreyòl  ’’ jusque sur les structures familiales, quels enjeux sociaux?






Les impacts du phénomène ‘’Rap Kreyòl’’ sur les  familles vont de paire avec sa popularité, son évolution et l’étendue de la puissance convaincante de ses idéologies soutenues par les convictions collectives de ses adeptes et la structure sociopolitique et culturelle du pays. Ils secouent les bases des structures familiales pour avoir une longueur d’avance sur l’autorité parentale. Nous traitons ici, non exclusivement mais particulièrement, les familles traditionnelles d’où l’autorité parentale s’incarne en la personne du  père avec une mère jouant le rôle de gestionnaire, responsable des tâches et les familles dites modernes d’où l’autorité parentale est généralement démocratisée c’est-à-dire d’où la situation est déterminante en ce qui a trait à l’autorité parentale. Qu’il s’agisse de l’une ou de l’autre, il s’agit d’une analyse scientifique de cette réalité, notre société est composée en majeure partie de familles dysfonctionnelles d’où la notion d’autorité parentale est relativement problématique. Des familles qui relèvent surtout des classes défavorisées et surtout désorganisées  face à l’édification poignante d’une structure sociopolitique et  culturelle estimée par plus d’un décevante précédant l’apparition du mouvement, voire sa percée .C’est autour de cette dite structure préalablement établie que nous traiterons la problématique du rapport entre le ‘’phénomène rap kreyòl’’ et les familles plus précisément celles dysfonctionnelles potentiellement exposées aux impacts du rap.

Pour éviter des querelles sémantiques relatives à la notion de famille, notre approche s’inscrit, d’une part, dans une conception psychanalytique frommienne, et d’autre part, freudienne   de cette dernière. En  ce sens, la famille est vue comme une micro–société, les rapports parents-enfants sont des rapports sociaux, une société embryonnaire, une succursale de la société responsable de la transmission du caractère social à l’enfant, de l’inculcation des premières valeurs sociales au jeune enfant avant même que celui-ci entre en contact avec la société globale. Le caractère, dans la même perspective frommienne, est vu comme un produit des premiers soins de la première enfance, de l’éducation et du caractère des parents. Il englobe l’ensemble des pratiques humaines orientant inconsciemment les pratiques d’un groupe social. La famille étant donc considérée comme une structure contraignante à laquelle des attitudes et des comportements des enfants doivent subordonnés  aux exigences de celle-ci.

La psychanalyse freudienne, quant à elle, accorde une importance décisive aux premières années de la vie pour la formation psychologique de l’individu. Or, c’est la base qui est estimée la mieux établie de la psychanalyse. Dans ces premières années de cette première enfance, les parents ont un rôle fondamental à jouer relatif au passage du principe du plaisir au principe de  la réalité. C’est à travers les parents que l’homme se définit d’abord par rapport à la société. Car, les relations parentales auront une influence inconsciente considérable sur les autres relations sociales. Ils (parents) ont à jeter les balises sociales, les premières règles, les interdictions, les obligations, les préceptes moraux qui seront tous intériorisés dans le surmoi de l’enfant. Cette toute première enfance est dominée par le principe du plaisir d’où jouissance, liberté, satisfaction immédiate des besoins sont à l’honneur. Les figures parentales permettent alors de différer cette satisfaction immédiate des besoins, elles permettent d’adapter les envies aux contraintes de la réalité d’où, le principe de réalité. Qu’en est il  alors des familles dans lesquelles parents-enfants s’affrontent psychologiquement surtout avec l’émergence des deux nouveaux slogans socio-politiques : « granmoun yo echwe » d’un coté et « timoun yo dejwe » de l’autre ? des slogans qu’il ne convient pas de considérer au premier degré, mais auxquels il convient de déchiffrer le sens psychanalytique caché. Notre société ne risque-t-elle pas d’enregistrer un taux important de déviances sociales ?  


Nous n’avons pas la prétention de considérer le ‘’phénomène rap Kreyòl’’ comme une condition suffisante à l’éventualité des bouleversements sociopolitiques, des familles déstructurées, des personnalités déviantes, etc. Mais, il est plutôt vu comme une condition nécessaire à toutes ces éventualités c’est-à-dire que d’autres conditions peuvent entrer en ligne de compte toutefois, nous le considérons comme, si vous nous permettiez l’expression,  une condition nécessaire majeure par rapport à la notion de cognition sociale chez les jeunes c’est-à-dire le processus de traitement des flots de messages émanant des lyrics que les jeunes portent sur les réalités socio-poitiques et culturelles du pays et qui sont  à leur avis beaucoup plus près et plus pathétiques de leurs propres réalités quotidiennes. Car, face à la montée en puissance du phénomène ‘’Rap Kreyòl’’, on assiste à une disproportion entre la fonction de la famille, les attentes des enfants et la société. ’’Granmoun yo echwe’’, un slogan qui, pour n’avoir pas été contextualisé, peut prêter à équivoque. S’agit-il des ‘’granmoun’’ en général ou des ‘’granmoun’’ de la scène politique ? Qu’en est-il du souci de l’opinion publique par rapport à une telle démarcation ? Ce slogan, part-il du particulier (da la scène politique) pour atteindre le général (la société) ?

Quelque soit les acrobaties de la logique, de cette équivocité naissent un mouvement réel de confrontation inconsciente entre jeunes et vieux et les conséquences sociales qu’entraîne la dynamisation de cette confrontation par deux slogans appartenant respectivement aux jeunes (timoun yo) et aux vieux (granmoun yo) :’’granmoun yo echwe’’ ‘’ timoun yo dejwe’’

Les figures parentales perdent graduellement leur fonction dans le développement de la personnalité de l’enfant. L’ambivalence entre les sentiments d’amour et de haine simultanés chez les jeunes face aux dirigeants politiques dans un premier temps atteint les structures familiales. Elle se heurte aux structures familiales particulièrement dans les relations parents-enfants. L’enfant aime ses parents parce qu’ils prennent soin de lui mais,  les hait parce qu’ils sont des contre modèles en raison du fait qu’ils ont, non seulement cautionné l’existence de cette structure sociopolitique accusée de responsable de l’éventuel échec du jeune enfant, mais également parce que les vieux (granmoun yo) ont échoué et qu’il a peur en partie de devenir vieux (granmoun) pour ne pas échouer, en développant graduellement une phobie de l’échec susceptible de le conduire, la vie durant , à une pathologie de l’échec. La foi grandissante accordée à ces pensées guide et règle l’attitude d’esprit et le comportement des jeunes vis-à-vis des parents et des vieux en général. L’hostilité, la désobéissance, l’agressivité, etc. sont des surcompensations par rapport aux frustrations générées par une telle situation.

Pour terminer, nous voulons dépasser le principe d’identité qu’imprègne la logique formelle pour atteindre la logique dialectique, laquelle ne peut considérer le phénomène ‘’rap kreyòl’’ comme un simple mouvement. Car, existant dans le temps en tant qu’idée, est en constante évolution pour parvenir aujourd’hui à son stade de chosification, de cristallisation. Le mouvement rap kreyòl, instrument de revendication, de contestation, d’affirmation et de compensation des jeunes, et les dirigeants politiques constituent les deux forces qui s’affrontent avec des dividendes sociopolitiques et culturelles majeures, et qui constitueront éventuellement le moteur de la transformation des structures sociopolitique et culturelle du pays. Sinon, la fin aura-t-elle à justifier les moyens au cas où la problématique de l’intégration de la jeunesse reste dans l’impasse ?


Article publié en 2009 sur www.oodoc.com / un moteur de recherche francais


GENARD Frantzy

Psychologue

Psychométricien

Psychanalyste


Email : [email protected] 

[email protected]


REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES


1-Sigmund Freund, cinq leçons sur la psychanalyse, Paris, édit. Payot, 2001.

2-Sigmund Freud, Totem et Tabou, Paris, édit. Payot, 2001.

3-Sigmund Freud, introduction à la psychanalyse, Paris, édit. Payot, 2001

4- Alan F. Charlmers, qu’est-ce que la science ? Paris, édit. la découverte, 2ème édit. 1982.

5- Jean Fourastié, les conditions de l’esprit scientifique, St-Amand, édit. Gallimard, coll. Idées, 1967.

6-Madeleine Grawitz, lexique des sciences sociales, Paris, édit. Dalloz, 8ème édit. 2004.

7-Norbert Sillamy, dictionnaire de la psychologie, Paris, Larousse, 1967.

8-P. Gosling, J. Bouchet et al. Psychologie sociale, Paris, édit. Bréal, tome I, 1996.

9-Maurice Duverger, introduction à la politique, Saint-Amand. Edit. Gallimard, coll. Idées, 1969.

10- Jacques Grand’Maison, vers un nouveau conflit de générations, Québec, édit. Fides, 1992.

11-Hérold Toussaint, psychanalyse sociale, religion et politique, lire Erich Fromm en Haïti, Port-au-Prince, imprimerie Henri Deschamps, 2003.

12- Robert J. Vallerand, les fondements de la psychologie sociale, Montréal, édit. Gaëtan Morin, 1994.

13-Jean Bergeret, psychologie pathologique, théorique et clinique, Paris, édit. Masson, 2003.




TRADUIRE

Post Bottom Ad

Pages